Sages
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Pendant zazen, ne perdez pas votre temps à ruminer vos pensées. Même si zazen dure très longtemps, si on n’est pas présent à chaque instant, la durée n’y fera rien. Souvent, les gens trouvent que les zazen sont trop courts, parce qu’ils se concentrent seulement à la fin du zazen. D’autres les trouvent trop longs, parce qu’ils attendent la fin du zazen. Si on est totalement absorbé dans la pratique de chaque instant, il n’est plus question de trop court ou trop long. L’esprit en zazen est au-delà de toutes mesures, de toutes comparaisons, de toutes attentes, de tous regrets.

Un zazen est à l’image de notre vie. Ce n’est pas seulement pendant zazen qu’il est important de ne pas gâcher l’instant présent mais à tous les moments de notre vie. Seul l’instant présent est la vie réelle. Passé, futur sont seulement imaginaires: juste des pensées.

En zazen, n’étant attaché à aucun objet, à aucune pensée, notre esprit redevient naturellement vaste, non limité par nos obsessions, nos catégories mentales. Il retrouve sa capacité d’éclairer toutes choses, de les voir telles qu’elles sont et ainsi de remettre chaque chose à sa place dans sa vie, sans en exagérer l’importance ou en minimiser l’importance.

Comme le dit Maître Wanshi « On ne peut pas parler de cet esprit qui se réalise en zazen en termes d’être ou de non-être car il ne demeure sur rien. C’est comme un fleuve qui s’écoule : l’eau que l’on contemple assis sur la berge est toujours l’eau du fleuve mais ce n’est jamais la même eau. »

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Alors pour l’exprimer, on utilise parfois des images telles que celles du fleuve, du ciel, de l’océan. Les images sont moins limitées que les concepts, les catégories, mais si on s’attache aux images, elles nous obscurcissent l’esprit au lieu de l’éclairer. Ce ne sont pas les mots et les images que l’on utilise qui sont importants mais l’expérience vécue à laquelle ils renvoient. Aussi, pendant zazen, revenez constamment à votre expérience de cet instant. Ne cherchez pas à l’enfermer dans des catégories mentales. Alors, juste ici et maintenant, la porte de la Voie s’ouvre.

Qu’est-ce qui nous indique que cette porte s’ouvre ? C’est que tout devient simple. On se contente simplement de faire face aux circonstances de chaque instant. On y répond naturellement de manière appropriée, sans avoir à fournir de gros efforts. Wanshi exprime cela en disant: « Allez partout librement sans suivre les conditions. » C’est-à-dire sans être influencé par les conditions ni par nos catégories mentales, nos jugements, le fait d’aimer, de ne pas aimer ceci ou cela.

Il nous recommande ceci : « Faisant face à chaque chose, lâchez prise et atteignez la stabilité. » Souvent, on croit que la stabilité peut être obtenue en renforçant ses positions, son ego. En réalité, cette position est source de beaucoup de conflits et d’inquiétudes.

Alors, simplement, lâchez prise, pour voir, pour expérimenter si Wanshi a raison ou pas ! Pendant zazen, cela signifie s’en remettre complètement à zazen, cesser de vouloir maîtriser le zazen avec notre conscience personnelle. Simplement assis, simplement

« un » avec l’inspiration quand on inspire, « un » avec l’expiration quand on expire : pas besoin d’ajouter quelque chose à la réalité de cet instant.

@ eveiletmoi.fr – R. Rech – Le champ de la vacuité

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