Sages
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Aucune existence n’a de substance[]

Pendant zazen, revenez constamment à l’attention à votre respiration car c’est l’autre pôle de la concentration. La posture est la base et la respiration est ce qui revient constamment. Revenir à l’attention à la respiration nous ramène naturellement à l’ici et maintenant. Nos constructions mentales apparaissent alors comme irréelles. A 99%, tout ce à quoi on pense pendant zazen, n’a rien à voir avec ce zazen-ci, ici et maintenant. Il s’agit d’autre chose: l’imaginaire, qui est sans substance mais à quoi on s’attache; parfois, cela devient des habitudes mentales, des obsessions qui nous obscurcissent l’esprit. Si on veut les combattre avec le mental, avec l’esprit ordinaire, cela crée un trouble supplémentaire. C’est pourquoi il est plus sage de se concentrer simplement sur la posture et sur la respiration et de laisser cette concentration dénouer naturellement tous les noeuds que nous avons fabriqués.

Durant une journée de zazen comme aujourd’hui, si on continue cette concentration pendant un certain temps, on peut alors retrouver un esprit vacant, disponible, lumineux, non obscurci par les pensées. Toutes nos préoccupations s’évanouissent et on peut en constater la vacuité. Cette vacuité ne doit pas devenir une image ou une conception. C’est la nature réelle de toutes choses avec laquelle on s’harmonise naturellement lorsque l’on arrête de suivre ses pensées, lorsque l’on vit à nouveau à travers le corps, la respiration, en étant juste présent à ce qui surgit et disparaît d’instant en instant (le processus de la vie de chaque Instant). On ne s’attache pas à ses pensées. On ne dépend de rien.

Comme le dit Maître Wanshi: « Cette indépendance ne s’appuie sur rien. »

On pourrait croire qu’elle dépend de la pratique mais la pratique et nous, sommes sans séparation, nous devenons complètement la pratique elle-même: alors, il n’y a pas de dépendance entre soi et la pratique. La pratique est nous, nous sommes la pratique, et pas seulement pendant zazen mais dans toute notre vie. Ce que nous pratiquons est souvent conditionné par nos illusions, alors nous devenons nous-même illusionnés. C’est la vie du karma. Si nous arrêtons cette vie-là, si nous nous asseyons en zazen, si nous tournons notre regard vers l’intérieur, nous pouvons illuminer notre vie, apprendre à y voir clair. C’est revenir à la vérité originelle sans dépendre de nos pensées ni des conditions extérieures, sans nous laisser tromper par les phénomènes.

Maître Wanshi nous dit: « Nous sommes invités à réaliser que pas une seule chose n’a d’existence propre. »

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Cela veut dire qu’aucune existence n’a de substance. Ce n’est pas une nouvelle conception philosophique de la vie mais l’expérience intime que nous pouvons réaliser nous même en zazen. Si vous faites une expérience différente, alors s’il vous plaît, montrez-la moi. Montrez-moi ce qui a une substance propre, qui existe de manière permanente et par soi-même. Si vous ne trouvez rien qui ressemble à cela, vous pouvez vous éveiller à la vie illimitée.

Dans ce domaine de la vie que Wanshi appelle  » le domaine de la lumière illimitée « , il n’y a ni naissance ni mort. Ce qui paraît naître est la manifestation de la transformation constante des phénomènes. Ainsi la mort n’est rien d’autre que la suite de cette transformation de phénomènes. En réalité, il n’y a pas de naissance, il n’y a pas de mort, il y a simplement la constante transformation de toutes choses. Nous sommes nous-mêmes cette constante transformation. Pratiquer zazen nous aide à revenir à cette réalité, à nous en imprégner, à nous harmoniser avec elle, en retrouvant un corps-esprit souple, doux, sans opposition.

@ eveiletmoi.fr – Le champ de la vacuité – R. Rech

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