Sages
Advertisement


A propos du soutra du coeur[]

Le Soûtra du Cœur, un des plus importants du bouddhisme Mahayana, que l’on chante trois fois par jour dans nos temples, dit: « [...]Tout est et rien n’est[...]. Il n’y a ni forme ni sensation ni perceptions ni impulsions ni même de conscience[...]; dans la vacuité celui qui suit la Voie comprend qu’il n’y a ni naissance ni mort, ni vieillesse, ni ignorance, ni cessation de l’ignorance; pas de souffrance, pas de voie, pas de connaissance; pas de réalisation et rien à réaliser[...].

En affirmant la vacuité, le Bouddha ne dit pas qu’il n’y a rien, que tout est vide et illusion, mais que tout ce que je vis et respire disparaît aussitôt qu’il est apparu. Ainsi, tout est vacuité, parce que tout est impermanence. Telle est la réalité. Telle la vérité de notre existence. Cela ne signifie pas qu’il faille vivre à l’écart du monde, dans le détachement. Il n’y a rien à rejeter, rien à combattre. La Voie du Bouddha n’enseigne pas le détachement mais le non-attachement. Vivre dans le non-attachement signifie vivre pleinement, instant après instant, avec cette pleine conscience que tout ce que je vis et respire disparaît aussitôt qu’il est apparu. Je savoure d’autant plus le présent que je sais qu’il va disparaître. Que je ne puis rien retenir. Moi-même, instant après instant, je ne suis plus, et en même temps je suis toujours à nouveau, autre.

L’univers est comme un océan vaste et riche, il est vain et absurde de vouloir s’attacher à une seule vague. Si nous comprenons cela, nous comprenons la Voie du Bouddha. Nous nous affranchissons de la souffrance qui nous rend si pauvres et incomplets, et nous pouvons aimer. Si je ne puis rien retenir, ni personne, il y a un seul bonheur possible: vivre ici et maintenant l’instant présent, avec celui, celle ou ceux que j’aime. Sans attentes, ni angoisses, ni projections farfelues et illusoires. Juste la vérité qui n’est autre qu’ainsi, instant après  instant, et l’autre tel qu’il est, instant après instant.

– Quand la fleur se fane, ou s’en va son parfum ? G. Perl

Fleur-fanee

Advertisement