Sages
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Ce qui suit est une transcription partielle de cette vidéo : Titre original : Mercredi matin, le 2.6.21

Mots clés : Méditation, Les 4 sceaux


Transcription[]

Méditer sur notre journée

(Min 4,56) Je commençais cette matinée en évoquant le fait de la commencer ensemble, cette journée, c'est une manière de pouvoir bien la passer, comme quand on dit à quelqu'un et bien je te souhaite une bonne journée. Puis après j'ai juste rajouté, passer cette journée, qu'elle soit bonne ou mauvaise. Et la question, elle revient à se demander, est ce qu'on doit forcément passer une bonne journée ? Qu'est-ce que je veux dire par là ? C'est en lien bien sûr avec la pratique méditative, parce qu’il peut nous arriver toutes sortes de choses plus ou moins désagréable évidemment, et puis c'est d'autant plus difficile quand c'est des choses désagréables qui nous arrivent, A cet égard, cette réflexion sur ce qui doit se passer, sur ce que l'on espère se passer est importante, parce que cela peut nous permettre d'assouplir ... Ici comme j'emploie le terme d'assouplir, c'est vraiment directement en relations avec notre pratique méditative, parce que passer une bonne journée, une mauvaise journée, ça va surtout dépendre non pas de la journée évidemment, mais ça va dépendre de cette capacité de souplesse qui est la nôtre, une forme de souplesse intérieure.

Ça peut être intéressant de se demander finalement, qu'est-ce que la souplesse intérieure ? La souplesse intérieure, c'est quelque chose qui est en relation avec le contact même que l'on établit avec les phénomènes mentaux. Ça peut nous sembler très étrange, mais en fait si on observe bien les choses, on a un contact en général très dur, alors je dis dur pour exprimer le fait que notre contact à la réalité est une forme de contact à l'hyper réalité de la réalité, on peut dire à une sorte de matérialisation de la réalité, c'est-à-dire que tout ce qu'on va percevoir a un impact immense sur nous, d'où l'idée de la solidité, d’où l'idée de la matérialité.

On peut évoquer un terme technique, on parlera de réification, on pourra parler de saisie, la saisie de la réalité ou la saisie du réel, différentes manières de l'exprimer. Ça veut pas forcément dire qu’on saisit quelque chose de réel, c'est ça qui est compliqué à comprendre, nous sommes des êtres sensibles, donc on va appréhender tous ce qui nous traverse, tout ce qu'il nous arrive, ça veut dire tout ce qui vient à nous à travers nos cinq sens.

C'est pour ça que nous sommes des êtres sensibles, on est sans arrêt en contact avec les choses, tout le temps. Même le plus ermite, des ermites vit toujours en contact avec le monde en définitive. Il n'y a pas d'autres mondes que le monde qui apparaît à travers nos cinq sens. C'est une réflexion qu'on peut nourrir, qu'on peut mûrir et il vaut la peine de le faire.

Il y a des conditions extérieures, on peut être dans un désert, on peut être dans une foule, ce sont les conditions extérieures, mais ce qui nous arrive, nous arrive toujours à travers nos cinq sens, tout temps, et ce contact avec ce qui nous arrive à travers nos cinq sens est en général un contact fait de cette forme de matérialité.


Les 4 sceaux

(15,50) Quand on parle des causes et conditions par rapport à la saisie, c'est le fait d'évoquer qu'il n'y a tout simplement pas de phénomène s'il n'y a pas de causes et conditions. Donc si on en revient vraiment à l'enseignement essentiel du Bouddha, il nous dit les deux premières choses qui sont très importantes pour nous, la première, tout phénomène est composé ou tous les phénomènes sont composés et donc impermanents ça c'est la première chose qu'il nous dit, mais tous les phénomènes sont composés. Il nous dit pas, tous les phénomènes existent, il nous dit, tous les phénomènes sont composés. Dès le départ, il y a une insistance, quand on évoque les quatre sceaux du Dharma, il y a une insistance pour revenir sur le fait qu'il n'y a pas de phénomène hors du fait qu'ils soient composés, hors du fait qu'ils dépendent de causes et conditions, sinon il n'y a pas de phénomène.

Et ensuite la deuxième chose qui nous dit, tout ce qui est contaminée par les Kleshas, c'est-à-dire toutes nos affections mentales ou ce qui affecte le mental, c'est-à-dire le désir attachement, la haine, l'aversion, l'opacité mentale etc, tout ce qui affecte parfois gravement le mental, ce sont les Kleshas, donc cela, donc tout cela contamine et parce que cela contamine, cela mène à Dukkha, c'est-à-dire à la souffrance.

Donc effectivement, dans les quatre sauts du dharma, on pourrait dire que le bouddha pose tout de suite la base de notre journée. Non seulement il est en train de nous parler de ce qui est ultime, évidemment, parce que réaliser tout cela mène à une compréhension ultime des phénomènes, et même à la réalisation de l'éveil, celle ou celui qui réalise pleinement tout cela, c'est certain qu'il vit pas comme nous, il n'en est pas là, mais en même temps pour nous là, à notre niveau, c'est ce qui fait notre journée, c'est ce qui nous rappelle que tout ce que l'on va rencontrer est composé, que tout ce que l'on rencontre, parce que cela est composé, cela est impermanent et si nous venons y mettre quelque chose qui ressemble à une Klesha, c'est-à-dire quelque chose qui affecte notre être, ces fameux états mentaux, désir, attachement, haine, aversion, opacité mentale, orgueil, jalousie etc, cela va nous mener à la souffrance.

C'est-à-dire qu'il y a des phénomènes composés, sur lesquels on greffe cet aspect contaminant, on pourrait dire phénomène contaminé, contaminés par ca, par nos interactions, d'où ensuite la souffrance. Ça, c'est on pourrait dire l’énoncé le plus basique, et très logique de la journée dans laquelle on est.

On est toujours dans cette journée-là on n'est jamais hors de ce monde-là donc ensuite passe-t-on une bonne journée ou une mauvaise journée, évidemment il ya des circonstances extérieures, c'est certain, mais il y a toutes ces circonstances intérieures qu'on peut observer, d'où le fait de rentrer en un contact, parce que c'est ça l'idée, c'est ce qu'on essaie de partager ensemble ce matin, c'est la façon dont on entre en contact. Et en répondant à la manière dont on entend contact, ça répond déjà en partie à la façon dont les choses se passeront, comment on entre en contact.

Est-ce que je rentre en contact avec le fait que, comme le dit le Bouddha, tous les phénomènes composés sont impermanent ou est-ce que je rentre en contact avec l'idée que tous les phénomènes sont réels. Est-ce qu'on est dans la saisie d'une réalité que l'on donne aux choses, qu'elles n'ont pas , ou est ce que je suis dans, tout ce qui est composé est impermanent ?

Voilà, donc on pourrait dire que du point de vue de l'enseignement du Bouddha, voilà comment notre journée va se dérouler, on pourrait carrément se dire que pour nous, l'exercice peut devenir intéressant, c'est de se réveiller, là maintenant, on commence, et puis c'est de se dire, on va la passer comment cette journée ? En se disant tous les phénomènes sont composés et impermanents où est ce que tous les phénomènes ne sont pas composés et sont permanents ? Soit on considère qu'ils sont composés et donc impermanents, soit on considère qu'ils ne sont pas composés et donc permanents.


Proposition de méditation[]

Est-il possible de passer une bonne journée, indépendamment des circonstances favorables ou défavorables de cette journée ? Qu'est ce qui peut faire que cette journée soit une bonne journée ou ne le soit pas ? Ne peut-elle être qu'une simple journée ? Cela aurait-il à voir avec la journée d'hier, les journées précédentes ? À l'évaluation, la comparaison ?

Tous les phénomènes sont composés, dépendent de causes et conditions. Est ce vrai ? Tout ce qui dépend de causes et conditions est impermanent, c'est irréfutable ! Combien de temps dure l'impermanence ...

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