Sages
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Ce qui suit est une transcription partielle de cette vidéo : Titre original : lundi soir, calme mental, le 20.6.22

Mots clés : Méditation, Pensées, Identification


Transcription[]

(39,00) Une petite pause qui me donne l'occasion de rappeler encore cette fameuse phrase du bouddha, parce qu'on évoque toujours là l'impermanence, mais c'est en rapport avec les phénomènes qui sont composés et il nous dit : tout ce qui composé est impermanent.

En Sanskrit, c'est ce qu'on appelle Samskara, Samskara c'est aussi les pensées, c'est-à-dire, tout est construit. Les pensées sont construites et c'est pas fréquent de se dire que les pensées sont construites. Bien sûr avec les objets, on a plus de facilité à nous représenter cela comme étant construit, donc on peut plus facilement aussi déconstruire. Avec les idées c'est plus difficile finalement, c'est comme si elles avaient plus de congruence, plus de solidité, d'une certaine façon, elles sont plus difficiles à observer du point de vue de la construction, parce qu'elles semblent aller de soi, vu qu'on les pense. Vu qu'on les pense, ben oui, c'est évident ! Mais non en fait, elles sont totalement construites, si on les observe, elles sont totalement construites.

(40,50) Pour que nous ayons les pensées que nous avons, il y a une foule de choses derrière et ça vaut vraiment la peine de l'observer. Je ne parle pas simplement là des notions, des points de vue, évidemment, ce sont des choses construites, mais le seul fait d'avoir une pensée, n'importe, "pomme rouge", voilà ! La pensée pomme rouge, il faut des siècles et des siècles de culture pour arriver à pomme rouge, c'est totalement construit. Et c'est pas que, intellectuellement construit, c'est aussi se rendre compte de tout ce qui s'élabore à partir de tout ce qui est perçu.

Donc en fait la pratique méditative, d'une certaine manière, c'est aussi observer une forme de ralentissement, c'est-à-dire d'être un peu avant l'élaboration, avant la construction et donc du coup, prendre conscience de la construction. Et donc du coup aussi, prendre conscience de l'impermanence.

Mais c'est très compliqué avec les pensées, vu que chaque pensée nous permet de nous identifier. Les objets, ils nous servent aussi l'identification, il n'y a pas de doute, mais on peut, plus ou moins bien, convenir de leur impermanence. Les pensées, c'est plus difficile, parce qu'elles sont très intime, c'est les nôtres ! Et donc c'est moi ! Quand je dis c'est les nôtres, c'est moi ! Pourtant il y a bien Je et les possessions du Je.

(42,35) Mais quand je dis mes pensées, les pensées de moi, c'est pas aussi distancé, c'est pas les pensées de moi, les pensées de moi, c'est moi ! Ya pas vraiment de distance ! Si déjà on peut établir une distance entre moi et les pensées, peut être les pensées d'un autre, on est très propriétaire des pensées, c'est normal, c'est le fonctionnement psychique, mais on est un peu moins propriétaires que, des voitures, des téléphones, les ordinateurs, des tables, des chaises et des tabourets, des maisons, des photos, des linges, des sacs ... Mais un sac, c'est pas moi tout à fait, bien que, les identifications sont toujours profondes. Mais avec les pensées, c'est tellement intime qu'il n'y a pas du tout le temps de se dire, les penser de moi, les pensées de moi, c'est moi.

(44,14) Donc la pratique méditative, ben c'est déjà, un peu mieux se rendre compte qu'il y a des pensées et il se trouve que je les prends pour miennes et il se trouve que les prenant pour miennes, j'existe ainsi. Mais en fait pas ! Ou alors si elles disparaissent et que je disparais avec !

On peut essayer de disparaître avec une pensée, ça peut être intéressant, vu que nous sommes des pensées. Imaginons être tellement attentif au moment de la disparescence, donc de la disparition bien sûr, de la pensée, disparaître avec !

Peut-être que comme ça, le Je disparaîtrais aussi ? Donc voilà, l'exercice méditatif nous ramène aussi un peu à ce mystère-là et là, à cet instant, on peut simplement être là ! Y a pas besoin de quelque chose (...) pour qu'on soit la ! Ya pas besoin de coup de gong pour nous dire que c'est le début. Alors on va continuer à méditer de cette manière-là.

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