Sages
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Ce qui suit est une transcription partielle de la vidéo : Mercredi matin, le 30.6.21

Mots clés : Les 4 sceaux, Méditation, Dukkha, Impermanence, Non-soi, Phénomènes contaminés

Transcription[]

Les quatre sceaux du dharma, c'est une chose extrêmement importante, alros pour plein de raisons, parce qu'on pourrait dire, comme des sceaux qu'on pose sur une lettre, qu'ils vont permettre d'identifier ce qu'est considéré comme étant la parole du Bouddha. Ca c'est une des manières de comprendre le sens, quelque chose qu'on appose sur quelque chose pour lui donner sa validité.

Alors ces quatre sceaux ou quatre marques, ce sont le fait que tous les phénomènes sont composés et donc sont impermanents, le fait que tous ces composés impermanents, on pourrait dire, sont contaminés, c'est un terme difficile à traduire, pour dire quelque chose qui est entaché, qui est teinté par quelque chose d'autre, et en l'occurrence les phénomènes sont teintés, c'est surtout notre expérience qui est teintée par l'imperfection, donc du coup, cela mène à la souffrance, ou tout simplement a l'imperfection, au mal-être.

Donc le premier c'est donc le fait que tout est composé, donc impermanent, le deuxième c'est le fait que vu que c'est entaché, donc par les Kleshas on va dire, cela mène à l'expérience de l'imperfection, du mal-être, du malaise et c'est tout ce qu'on appellera Dukkha. Et le troisième, c'est que le nirvana est la paix, la félicité. Puis le quatrième, ça dépend l'ordre, le quatrième c'est le fait que tous les phénomènes sont dépourvus d'un Soi, dans le sens d'un Soi existant, on pourrait dire d'une nature intrinsèque, c'est ça l'idée.

Dans le bouddhisme ancien, on parle des trois marques de l'existence, c'est ce dont je parlerai cet été et c'est intéressant, parce qu’on ne parle pas du nirvana dans ce cas là, c'est une approche peut-être plus simple, mais disons on va droit au but, c'est l'impermanence, c'est Dukkha et le non-soi, Anatman.

Donc maintenant l'intérêt de ces quatre sceaux, au-delà du fait qu’ils nous permettent de prédire, d'authentifier, de considérer que tel enseignement est un enseignement du Bouddha, c'est ce qu'on appelle la parole du Bouddha, donc dans toute l'histoire du bouddhisme, ça a été extrêmement important, il y a eu plein de discussions, depuis les premiers conciles jusqu'à nos jours, où la question s'est sans arrêt posée, qu'est ce que l'on peut considérer comme étant la parole du Bouddha, même si ça a pas été directement prononcée par lui, c'est-à-dire qu'est ce qui fait qu'un enseignement est authentiquement bouddhiste en fait ?

Et on pourrait dire en gros effectivement, il doit y avoir dans le fond cette idée, donc que tout phénomène est impermanent, qu'il y a un état qu'on appellera Dukkha, Dukkha dont il est question de se libérer et que les phénomènes sont libres d'une existence propre, c'est le fameux Anatman ou le non-soi. Alors soit le non-soi de l'individu et le non-soi des phénomènes, soit le non-soi de l'individu seul, là il y a différentes compréhensions. Et puis évidemment, ayant réalisé tout cela, cela nous place dans le Nirvana.

Ce qui est très intéressant pour nous, au-delà de toutes ces petites précisions rapides, mais historiques et techniques, c'est qu’en fait, c'est un support de méditation et pour une raison fondamentale, c'est que ces trois marques de l'existence où ces quatre sceaux, ils se proposent de nous dire ce que les choses sont, par rapport à ce que nous imaginons qu’elles sont. Pour nous c'est extrêmement intéressant, c'est-à-dire pour notre santé mentale, mais aussi pour notre démarche de pratiquants, parce que c'est du coup une façon de se libérer d'une méprise, ou de plusieurs méprises. L'idée bouddhiste de la méprise, c'est que quand il y a méprise, il y a souffrance, toujours, s’il y a ignorance de ce que sont les choses, il y a souffrance, c'est-à-dire que si on ne connaît pas la réalité d'un phénomène, on aura toujours la possibilité de se retrouver le bec dans l'eau, comprenant absolument pas ce qui nous arrive.

L'exemple le plus frappant, et c'est pour ça qu'on pourrait dire que ces trois marques de l'existence sont particulièrement frappantes, c'est l'impermanence, c'est-à-dire que les phénomènes sont impermanents, et nous n'arrêtons pas de souffrir du fait que nous découvrons malheureusement, et malgré nous, qu'ils le sont.

C'est un problème très profond, c'est un conditionnement extrêmement solide qui nous mène à penser que, même si on sait intellectuellement que les choses sont impermanentes, on est mortels , tout ça on sait. On sait comme une notion, notre habitude, notre vision de la connaissance, c'est toujours une vision représentative des choses, c'est pas une connaissance de ce que les choses sont fondamentalement, ça c'est la grande affirmation du Dharma, c'est de connaître la nature des phénomènes telles qu'elles sont, ça c'est la grande affirmation.

Mais quand on affirme ça, on affirme aussi qu’on ne connaît pas les phénomènes tels qu'ils sont, qui fait que quand on dit que les choses sont impermanentes, on a une représentation des choses, mais ça ne veut pas dire qu'on a compris vraiment, qu'on a expérimenté, que les choses sont impermanentes. Mais c'est hyper important de se rendre compte, parce que le Dharma en fait, c'est un peu comme quelqu'un, et le Bouddha le premier, c'est comme quelqu'un qui vient, puis qui fait des grands gestes, puis, ouh, ouh ! Non, non , ce que tu imagines, c'est pas du tout ça ! C'est vraiment comme une espèce de réveil, que sortir de la torpeur de l'ignorance qu'on accumule depuis des vies et des vies, c'est de dire, oui, oui, tu es impermanent, tu le sais, mais tu as toujours pas compris que les phénomènes sont impermanents, c'est-à-dire ils le sont fondamentalement, donc s'ils le sont fondamentalement, c'est que ce qu'ils sont, les phénomènes, eh bien t'échappent complètement. Alors que si on réalise vraiment l'impermanence des phénomènes, on n'est pas loin de comprendre leur vacuité, évidemment,

Donc l'idée fondamentale de ces trois sceaux, ou de ces quatre sceaux, ou ces trois marques de l'existence, l'idée fondamentale, c'est ceux d'ouvrir les yeux, de sortir du rêve en fait, c'est tout simplement sortir de la souffrance, parce qu'encore une fois, je le rappelle, mais l'équation elle est posée, tant qu'il y a méprise, il y a souffrance, Tant qu'il y a ignorance, la méprise, c'est l'ignorance, on prend une chose pour ce qu'elle n'est pas, c'est la méprise, quand il ya une méprise, il y a une emprise, et quand il y a une emprise qui est faite parce qu'on saisit la chose comme ça, on souffre, tout le temps.

Donc en fait, c'est pourquoi dans les textes, par exemple le Visuddimagga, commentaire extrêmement important dans la tradition du Theravada, on va considérer que si on réalise les trois marques de l'existence, on est un Aharat, on entre dans le courant. On va dire qu'il nous faudra peut-être sept vies encore pour réaliser l'éveil, mais j'entends, c'est une histoire presque réglée quoi, c'est pas vraiment problématique. Donc c'est une manière de dire que c'est pas simplement une notion philosophique, on se dit ah tiens c'est intéressant, ah oui l'impermanence, à oui Dukkha, ah oui le non-soi, non ! C'est libérateur et là ça nous intéresse en tant que pratiquant, pratiquante. Évidemment parce que c'est ce qui nous intéresse, c'est-à-dire la libération ultime, oui, mais déjà moins de souffrance maintenant, ça serait pas mal, moins de confusion ,ce sera encore mieux, évidemment, parce que façon elle va avec l'autre, et donc une vie plus sereine, une vie plus voilà simple, naturelle, tout ça est vraiment notre portée, tout ça est extrêmement important.

Donc c'est intéressant de voir que la démarche du Bouddha par rapport à ces trois sceaux, trois marques de l’existence ou quatre sceaux, c'est vraiment celle d'un médecin qui pose le diagnostic, et puis qui dit ensuite, pourquoi, donc c'est les causes de cette Dukkha, et puis si on sait pourquoi, donc il y a une possibilité de s'en sortir, ça c'est clair, puis s'il y a une possibilité de s'en sortir, il y a donc des moyens qui vont nous permettre d'y mener, et c'est tout l’enchaînement des 4 vérités des nobles, ya pas de doute là-dessus.

Donc maintenant dans notre pratique méditative, al comment ce qu'on peut appliquer ces trois marques de l'existence où ces quatre sceaux, et ça va être tout l'enjeu en fait, parce que va falloir passer de l'information au vécu et la pratique méditative, même très modestement, va nous permettre de d'intégrer, on rappellera peut-être une chose importante, quand on parle en tibétain de ces trois phases de la pratique du Dharma, l'écoute, la réflexion et la méditation. On n'a toujours pas et pas définitivement bien compris l'idée, mais on est vraiment dans une phase, là cette vie, c'est ça pour nous, c'est-à-dire c'est une vie où on passe notre temps à nous habituer, à nous familiariser et c'est super bien, c'est une très bonne nouvelle.

La méditation, c'est ce qu'on fait, on s'entraîne, on essaye de prendre de bonnes habitudes, déjà à notre petit niveau, prendre de bonnes habitudes. Donc les trois marques de l'existante où les quatre sceaux, c'est prendre de bonnes habitudes, c'est-à-dire, plutôt que de voir les choses comme permanentes, on les voit comme impermanentes, première bonne habitude. Plutôt que de croire qu'un tas de choses vont nous garantir l'obtention du bonheur, on sait que non, parce qu'elles sont impermanentes parce qu'elles sont liées à nos attentes à nos espoirs, non ! Elles seront toujours décevantes, ça ne veut pas dire qu'elles ne sont pas plaisantes temporairement, mais temporairement, pas ultimement, donc là on se soigne, déjà, doublement !

Et puis, la troisième chose, parce que les choses sont non-soi, il n'y a pas besoin absolument de vouloir défendre une identité à tout bout de champ, donc les choses sont transitoires, on a compris avec l'impermanence, donc le Soi, le Soi bouge. Ça veut dire l'identité qu'on donne aux choses, aussi ! Elle est construite, c'est une représentation, donc on peut se détendre, c'est-à-dire qu'on a de la souplesse, dès lors qu'on a compris qu’on est dans une représentation, que ce soit de nous-mêmes ou des phénomènes, bon ben les choses peuvent bouger, les choses peuvent évoluer. Donc on est en train de se soigner et c'est le projet du Bouddha, le Bouddha c'est celui qui vient avec la médecine du Dharma pour nous guérir.

Donc c'est extrêmement important, et puis tant mieux, on va pouvoir se guérir, c'est quand même bien, c'est très tangible, ça veut dire juste faire baisser le niveau de souffrance, c'est pas du tout inutile, on a notre dose, chacun pour plein d'autres raisons, pour plein de raisons qui nous regardent, mais on en à notre dose ! Donc si on peut faire descendre un petit peu, rien que du fait que nous participons à cette histoire là, et donc on peut y participer d'une manière différente, donc si on peut y participer d'une manière différente et que la vie devient beaucoup plus supportable, même si c'est pas encore l'éveil, ben ça ressemble quand même à un sérieux pas en direction de l'éveil, ya absolument pas de doute. Donc on a raison le faire, c'est bien le faire, donc voilà, les trois marques de l'existence ou les quatre sceaux, comme médecine pour l'esprit.

Instructions de méditation[]

(16.39) Alors maintenant pour nous pratiquants et je vais donner quelques instructions, puis on va méditer. Alors l'impermanence, bien sûr, ça va être le fait de s'installer ici, toujours dans ce même travail fondamental et essentiel qui consiste à être avec les choses. Mais ça consiste à être juste là, mais vraiment juste là comme au coeur d'un jardin qui est le nôtre évidemment, un jardin broussailleux, bordélique, tout ce que vous voulez quoi, c'est-à-dire un jardin qui nous plaît pas, en gros, qu'on trouve de trop, c'est toutes nos élucubrations mentales ...

Donc en fait c'est l'idée de juste être là, et surtout, en étant là, c'est sortir du jeu du mécanicien de génie où on met notre costume, puis on va sortir en extérieur, on va régler les boulons, donc nous sommes le grand technicien qui va arranger le monde, ça on fait depuis longtemps, ça fait des vies et des vies, on va vouloir régler les problèmes, mais ça marche pas vraiment en fait. Parce qu'on s'y prend non seulement pas bien, mais souvent on s'y prend dans la même logique qui est celle qui conduit justement vivre des choses problématique, donc avec la méditation, on va changer technique, c'est-à-dire on va pas être le mécanicien qui veut régler le problème,

On va être la personne qui demeure simplement avec les choses problématiques, et qui finit par se rendre compte, qu'en fait ces choses problématiques n'existent pas, sans notre présence même au coeur de ce qui est problématique. Et c'est là où ça devient un peu subtil, mais on va découvrir qu'il n'y a pas de Samsara si nous ne sommes pas là, c'est impossible. Donc ça veut dire qu'on va apprendre à se positionner au coeur de ce Samsara d'une manière différente et en se positionnant d'une manière différente au coeur de ce Samsara, eh bien tout change, tout va pouvoir changer. Donc la première des choses qu'on va faire, c'est qu'on va se poser là, exactement avec les choses qui sont, c'est-à-dire les pensées qu'il y a, l'état dans lequel on se trouve, on est frais, on n'est pas frais, on est lucide, pas lucide, bref, torpeur, agitation, n'importe et puis par rapport aux trois marques de l'existence, ou au quatre sceaux, tout simplement, on va observer, mais observer dans le sens de sentir l'impermanence, vraiment, sentir l'impermanence à des niveaux où on la sent pas en général.

C'est-à-dire vraiment développer une qualité d'attention vigilante, tellement grande que l'on n'observe, l'on constate, non pas la teneur des pensées, mais le fait que chaque instant, ça change réellement, c'est-à-dire que toute la rigidité, l'identité fixes qu'on a posé sur les choses et sur nous-mêmes, à chaque instant, elle est en mouvement, Donc le travail de l'attention vigilante, c'est comme nous rapprocher de cette nature impermanente, mais simplement par le constat. on n'est pas en train de vouloir régler quelque chose, on n'est pas en train de vouloir réaliser quelques chose, rien ! C'est volontairement un travail d'une très grande simplicité, d'une manière très épurée, juste être là, et développer cette qualité d'attention vigilante, tellement présente, tellement là, pourraient tomber que du coup on va finir par percevoir les choses comme étant impermanente, nous-mêmes et les phénomènes. Alors voilà nos premiers exercices et c'est une façon d'intégrer cette première marque de l'existence.

(42,56) Donc voilà oui, on est construit largement, et donc on est aussi construit autour de cette idée d'impermanence, même si on a toujours lutté contre l'impermanence, justement, c'est pour ça que quand on commence à réfléchir à la notion d'impermanence, c'est en fait toute notre vie qui est repassé au crible et ça veut pas dire qu'il faut pas faire des choses pour s'assurer une certaine permanence, ya une grande différence entre faire des choses nécessaires pour vivre et puis penser que c'est le sens de la vie, c'est très différent. Il ya des glissements qui s'operent intérieurement et psychiquement, qui sont très forts. Donc voilà c'est un des travail qu'on peut faire à partir de ce premier sceau ou première marque de l'existence

(45,47) Donc deuxième, c'est un peu plus compliqué, c'est différent et c'est différent parce qu’en fait l'idée, ça veut dire, ce qui est contaminée mène à la souffrance, est souffrance, Dukkha, il faut vraiment s'entendre quand on dit souffrance, c'est pas j'ai mal, aïe, c'est Dukkha, l'imperfection des choses, donc c'est aussi parfois j'ai mal aïe, c'est vrai, mais c'est pas que, c'est on pourrait dire le coeur du système. On a l'impermanence, et contaminé, ca veut dire on colle quelque chose, autre chose, comme une substance qu'on met, on a notre poudre de permanence qu'on soupoudre partout, donc notre environnement est contaminé par nos Kleshas, mais pas que, il est contaminé par les Kleshas, par le Karma, par les habitudes, par tout ça.

Et donc c'est l'idée de contamination, cette idée de contamination est intéressante de ce point de vue-là à partir du moment nous avons contaminé notre environnement par ces attitudes, alors ça mène à la souffrance. De nouveau, c'est l'encouragement à faire un travail de fond extrêmement intéressant pour nous rendre compte comment nous construisons toutes les situations intérieures qui nous font souffrir. Alors qu’évidemment, le monde à l'extérieur de nous est fondamentalement imparfait, vu qu'il ne ressemble jamais à ce qu'on aimerait qu'il soit, en gros, donc il est de ce fait imparfait. Maintenant est-il réellement imparfait, ça c'est une tout autre question.

Maintenant nous on bute contre Dukkha, tout le temps, donc en fait je dirais que la l'exercice est un poil plus subtil quand même, étant donné que dans la pratique méditative, il me semble, étant donné que c'est pas non plus coulé dans le béton, il ya certainement d'autres approches, moi je suis aussi en train avec vous en train d'explorer, mais il me semble que c'est une approche plus sensitive, sensible. Pourquoi parce que l'idée de contamination, dans les textes classiques, c'est vraiment l'idée qu'il y a une emprise de notre part, une emprise émotionnelle sur les phénomènes, c'est-à-dire c'est nos émotions, désir, attachement, aversion, tout ça c'est l'emprise émotionnelle.

Parce que par exemple si on trouve une pomme séduisante et très bonnes à manger, ça n'a objectivement rien à voir avec la pomme. Il se trouve que la pomme provoque en nous cette réaction, pour plein de raisons, mais ça n'a rien à voir la pomme. Donc ça veut dire qu'on met quelque chose-là c'est très basique comme explication, mais n'empêche que c'est assez efficace, étant donné que ça nous permet de comprendre qu'on met quelque chose dans la pomme qui a rien à voir avec la pomme. Donc tous nos problèmes avec la pomme, c'est pas la pomme évidemment, c'est la relation qu'on a établie avec la pomme. Alors quand c'est une pomme ça va, mais quand c'est un individu, ça devient super compliqué et puis quand c'est le monde, alors là, y a beaucoup d’individus donc on peut avoir beaucoup de problèmes.

Et puis vu que le monde il est très complexe et très riche, alors là on met le costume de mécanicien et on sort et puis on doit tourner les boulons, etc. C'est alors qu'en fait on revient, grâce à cette réflexion et cette méditation, au problème de base, c'est-à-dire il y a une contamination, il y a une surimposition de notre part sur les phénomènes. Alors c'est pour ça que je parle de senti, pourquoi senti, parce que les émotions qu'on ressent, les phénomènes mentaux qui nous traversent, c'est pas toujours des émotions, du point de vue du Dharma, c'est toujours lié à quelque chose qui est de l'ordre d'une saisie, ou d'une emprise, c'est-à-dire que si un phénomène mental s’élève en nous, c'est qu'on l'a pensé, on peut pas l'avoir pensé par hasard. Alors on sait pas qu'on va le penser, on est d'accord, mais on le pense, c'est-à-dire que la pensée qui est la nôtre, c'est pas la pensée d'un autre, ça c'est sûr, donc ça veut dire que cette pensée là, elle a quelque chose de nous là, elle a la saveur du Je, on va dire.

Donc l'idée et c'est pour ça que c'est un travail un peu plus subtil, on continue à faire ce qu'on a fait dans un premier temps, on développe toujours ce calme mental, cette attitude extrêmement présente, qui va nous faire repérer qu'on est en train de partir à gauche et à droite, donc on repère, non pas en voulant rester ici, super strict et stable, mais on développe ce calme mental où on laisse tourner et puis nous on reste. Donc on apprend à rester. Maintenant on peut apprendre à rester, puis en même temps apprendre à sentir, c'est les 2 qu'on doit faire. C'est pour ça que je vous dis, là c'est une exploration, c'est comment est ce qu'on peut traduire cette deuxième marque de l'existence ou ce deuxième sceau, par la pratique méditative.

Justement, peut-être, être sensible quand on demeure, à l'énergie qui s'élève, naturelle, mais simplement, il y a une tension dans le corps, il y a une empreinte, il ya un senti, c'est-à-dire qu'une colère par exemple, c'est un état un peu caricatural, mais une colère ça nous met dans un état, c'est-à-dire, ça accélère le rythme du sang, ça fait monter la chaleur, il y a une traduction physiologique, physique. Donc l'idée c'est aussi d’être dans le senti, si on est dans ce senti, en y demeurant, si on demeure on a un peu le temps pour sentir, si on ne demeure pas, on n'a pas le temps pour sentir, on est emporté par les choses, donc en travaillant cette attitude, on va dire de calme mental au coeur de la tempête, au coeur du Samsara, du coup on peut s'ouvrir à ce senti. Si on s'ouvre à ce senti, on va donc mieux comprendre que toutes nos réactions, toute notre expérience samsarique, elle se construit à partir de là, elle se construit à partir d'une interaction qu'on a avec les phénomènes mentaux.

On n'a pas que des phénomènes mentaux, on a des impressions sensorielles des phénomènes mentaux, on a des j'aime, j'aime pas, on a des je veux, je veux pas, on a des ya trop, ya pas assez, et c'est donc tout ça, c'est du senti, c'est pas que le phénomène mental. Le phénomène mental, le phénomène de la conscience, c'est toujours la conscience, on entend un bruit, on a une sensation tactile, on a un goût dans la bouche, n'importe, on sent une odeur, notre expérience tactile, notre expérience sensorielle, elle est constante, mais elle ne se limite pas à l'expérience sensorielle, elle est toujours associée de notions.

Donc là on va trouver notre fameuse deuxième marque de l'existence. C'est un peu être sensible à ça pour finir par mieux sentir comment justement, tout ça se construit. Cette compréhension va nous permettre de lâcher plus, c'est-à-dire d'avoir conscience et puis ayant conscience, de se détendre aussi au coeur même de ça. Sentir et se détendre au coeur de la souffrance en fait, au coeur du senti.

(54,37) Si tout à coup il y a la colère, à l'intérieur de la sensation de colère, de la sensation si on prend l'habitude de sentir, on va être sensible à la sensation, plutôt que de s'engager dans la teneur du discours de la colère, et vouloir répondre, etc. On reste dans la sensation, ca veut pas dire qu'on se force à pas répondre, on est sensible a ce que c'est en train de nous faire, qu'est-ce que c'est en train de nous faire ? Qu'est-ce que c'est en train de nous faire ? C'est en train de me faire complètement perdre pied, c'est en train de me donner les mains moites, C'est en train de me déstabiliser, c'est un train de me faire peur, et je le sais pas forcément. Quand je ressens une émotion, je sais pas ce qui se passe, je peux très bien une pris par une émotion, sans très bien savoir peut-être que ma colère, c'est une peur gigantesque, que tout à coup il y,a quelque chose en moi … On n'est pas non plus en train de partir dans une analyse, évidemment, mais on est en train peut-être de développer une vision, une compréhension beaucoup plus fine de qui nous sommes. et donc du coup de toucher Dukkha, toucher la souffrance.

C'est pour ça que je parle de senti, toucher Dukkha d'une autre façon, pas simplement, ah oui, le Bouddha a dit que la première noble vérité c'est la souffrance, très bien, merci ! Non, je pense que l'idée, c'est de faire une expérience, on fait tous l'expérience de la souffrance mais l'idée, c'est d'expérimenter Dukkha et c'est un peu plus créatif que de dire simplement, je souffre, c'est-à-dire quand on fait une expérience douloureuse de Dukkha, en général on la construit psychiquement et mentalement, tellement on va lui donner des mots, etc. Il n'est pas certain qu'on soit toujours en rapport avec le goût, la sensation.

Si on a un désir attachement, on n'en sait rien, qu'est-ce qu'il y a derrière, quel est le goût que ça a pour nous ? Allez savoir, peut-être que quand on est en colère, on est en fait extrêmement craintif, on a peut-être peur, une peur, une trouille cosmique. C'est possible, c'est peut-être ça qui me met en colère, on ne sait pas, on a l'impression que c'est parce que l'autre nous a contredit, oui ça c'est ce sait, on n'en sait rien du tout en fait, ce n’est peut-être pas parce que l'autre nous a contredit, c'est peut-être parce que l'autre nous a pas permis d'exister, allez savoir ! Et peut-être parce qu'il nous a pas permis d'exister, et bien tout à coup nous angoissons complètement, donc ça nous met dans une colère folle, pour regagner une possibilité d'exister.

Tout ça on peut éventuellement le deviner, le sentir, le comprendre, si on le sent justement, donc il y,a vraiment l'idée que l'expérience du Samsara, elle est faite d'une expérience émotionnelle, d'une teneur on va dire. Donc là l'idée, c'est voilà, rester et sentir. Avant c'est juste rester, constater, sentir l'impermanence, la c'est demeurer toujours et puis sentir la teneur, l'expérience, être en contact avec l'expérience, toujours dans la perspective de prendre de bonnes habitudes.

Proposition de méditation[]

Accrochez vous à votre coussin de méditation ! Laissez la tempête se calmer. Tous les phénomènes, toutes choses, dépendent de causes et conditions, toutes ! Pouvez vous vérifier cela ? Trouver des exceptions ? Est-ce que vous avez la main sur ce qui arrive ? Et sur les causes ou conditions ? Auriez-vous participé, d'une façon ou d'une autre, à ces causes et conditions ? Tout ce qui dépend de causes et conditions est de fait impermanent. Les causes et conditions sont elles impermanentes ? Accrochez-vous j'ai dit, au calme mental bien sur !

Tous les phénomènes contaminés sont souffrance. En bon Français : tous les phénomènes entachés par les émotions (Kleshas, Ignorance), positives ou négatives, sont souffrance. Pourquoi ? Quelles sont parmi les Kleshas, celle(s) auxquelle(s) vous vous accrochez tant ? Pensez-y la prochaine fois !

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Références[]

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