Sages
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Ce qui suit est une transcription partielle de la vidéo : Merc soir, le 28.09.22

Mots clés : Moi, Pensées, Phénomènes mentaux


Transcription[]

(10,24) Donc c'est juste tellement incroyablement simple, ce qu'il est en train de nous dire là, toutes ces instructions ultimes consistent à laisser la nature de la conscience exactement comme elle est. C'est pour ça qu'il dit, tout ça est synonyme d'absence d'artifice, d'absence de construction et c'est tout l'enjeu finalement.

Alors ce qui est très intéressant pour nous, c'est que tout cet effort, cette construction de la pratique du dharma, qui doit se construire avec des compréhensions claires, limpides, sur les grands fondamentaux, qu'elles sont les quatre vérités des nobles, quels sont les 4 pensées qui tournent l'esprit vers le dharma, tout ça doit être clair, le développement de l'amour et la compassion, une compréhension la plus limpide possible du sens de la vacuité, comprendre que les phénomènes sont toujours indifférenciés de la vacuité, toute apparence est indifférenciée, tout simplement de sa vacuité, toute vacuité est indifférenciée de toute apparence, voilà, ça tient en quelques mots. Il y a pas de problème finalement.

(11,32) Donc toute la construction ou tout l'entraînement qu'est le nôtre, c'est d'établir les choses de manière simple, vraiment revenir aux fondamentaux enseignés par le Bouddha, c'est-à-dire, tous les phénomènes, parce qu'ils sont composés, sont impermanents, le Je n'est qu'une fiction et si on croit à la permanence et à la fiction du Je, il y a de la souffrance, voilà !

On peut tout plier nos cartables et puis, tout à fait, tout est dit. Il y a juste ça à réaliser, c'est pas compliqué. Pas d'artifice, pas de fabrication, qu'est-ce qu'on veut fabriquer quand on a compris tout ça ? C'est extrêmement simple, c'est juste même dingue tellement c'est simple.

(12,23) Maintenant le problème c'est qu'on se prend les pieds dans le tapis évidemment, c'est pour ça qu'on a besoin toujours de revenir à la parole du Bouddha, tout le temps, tout le temps, reprendre les grands fondamentaux, réfléchir, clarifier, puis au bout d'un moment finalement, on navigue entre les deux, c'est-à-dire, on navigue entre cette base fondamentale qui s'appuie sur le non Soi, qui s'appuie sur l'amour la compassion, d'ailleurs l'un va avec l'autre, qui s'appuie sur le fait de tourner notre esprit vers le dharma.

Donc on s'appuie sur ça, on revient sur ces fondamentaux et puis tout en étant clair là-dessus, on peut, petit à petit, cultiver cette absence d'artifice et ça, on va le travailler d'une manière aussi simple que le reste finalement.

On va le développer ou le travailler en apprenant, la non-méditation, on n'est pas en train de créer une construction super complexe d'un état mental dans lequel on veut s'installer, non-distraction, c'est juste, on reste présent, on reste, je veux dire, on reste et on reste encore et on reste toujours. Abandon des fabrications mentales, ben c'est clair aussi, il n'y a pas de doute, intégration de tout ce qui s'élève, c'est évident aussi.

(13,58) Alors évidemment tout ce qui s’élève, ça veut dire, tout ce qui s'élève dans la conscience, alors c'est là où c'est à la fois super basique et à la fois, faut accéder ne serait-ce que par la compréhension, que tout s'élève dans le champ de la conscience, ça c'est une chose absolument fondamentale. C'est un fondamental en soi, c'est-à-dire qu'il vous faut revenir à ... c'est vraiment comme ça que les choses sont, après bien sûr, on peut rentrer plus dans le détail, mais vraiment ça veut dire se souvenir que chaque fois que quelque chose s'élève, une pensée, une perception sensorielle externe, interne, un goût qu'on a dans la bouche, n'importe, c'est toujours et c'est logique finalement, c'est toujours dans le champ de la conscience. Comment pourrait-on avoir conscience des phénomènes si nous n'en n'avions pas conscience ? Ça semble tellement bête à dire et pourtant, il faut forcément qu'il y ait une conscience qui est consciente.

Donc on a conscience de ... au départ, on est dans un rapport duel, petit à petit, ce dont il parle quand il parle d'absence d'artifice, c'est que petit à petit, le fait que d'abord on prenne conscience que tout s'élève dans la conscience, donc on est dans un rapport duel, petit à petit, ça nous ouvre à quelque chose de beaucoup moins duel. Donc presque encore plus simple, c'est-à-dire qu’on est toujours dans l'expérience, c'est-à-dire l'expérience du son, c'est pas autre chose que l'expérience de la conscience, c'est pas l'expérience du son comme son extérieur, ce son, c'est la conscience ! Il y a au bout d'un moment de moins en moins de dualité. Tout ce qu'on éprouve, c'est jamais autre chose que la conscience.

(16:00) Alors c'est pour ça que c'est une drôle d'affaires, parce qu’à la fois, dire tout ça c'est extrêmement simple, et en même temps, il y a toujours une possibilité de se prendre les pieds dans le tapis, parce que nous on a une logique intérieure, on a une grammaire et notre grammaire ordinaire, elle est tellement habituelle pour nous, on appelle ça d'ailleurs du conditionnement, en termes bouddhistes c'est du karma, c'est du conditionnement, et donc là ça rend les choses un peu difficiles, c'est-à-dire qu’on est tellement habitué à un certain nombre de comportements, qu’on va oublier que ce qui s'élève, c'est le jeu de notre conscience, on va oublier qu’on a finalement qu'à en faire l'expérience, pas tellement notre, on n'a pas d'interaction réellement à avoir avec ça !

Pourquoi ? Parce que, comme il nous le dit, imaginons qu’on reste complètement dans l'instantanéité, imaginons on reste dans l'instantanéité de la colère, déjà il y a plus de colère ! Il y a que des instants de colère, il n’y a pas de colère, il n’y a pas "je suis en colère". Donc là on est en colère. Pour dire je suis colère, ça veut dire qu’on s'est installé dans le personnage, évidemment. Le personnage n'existe que sur la durée, impossible de trouver un personnage dans l'instantanéité. Il n’y a pas de personnage dans l'instantanéité, le personnage n'existe que dans la durée.

(17,55) Donc si en méditant, on est juste conscient du surgissement et qu'on n’altère pas le surgissement, il y a plus de personnage et il ne peut pas y avoir de personnage en fait.

Alors après bien sûr, on navigue, c'est-à-dire qu'à la fois, il y a un personnage qui prend conscience de l'absence de personnage, on est d'accord, parce qu'on ne va pas quitter le champ de la dualité comme ça, mais c'est des prises de conscience progressives, des entraînements. Voilà c'est ce dont il nous parle ici, donc intégrer tout ce qui s'élève nous dit-il, c'est se placer dans la simple reconnaissance, c'est tout. Telle est la voix complète de tous les accomplis !

(18,40) Et intégrer tout ce qui s'élève, c'est intégrer tout ce qui s'élève à l'instant même, c'est à l'instant même cela s'élève, à l'instant même ça a disparu, et c'est profondément insaisissable, parce que c'est pas qu'on invente quelque chose, la nature de cela qui s'élève est insaisissable, c'est sa nature ! C'est ce qu'il veut dire par absence d'artifice. On a rien à faire de ça, on a juste à le reconnaître en fait. Alors voilà !

Après, on pourrait dire qu'on passe toutes cette vie, voire plusieurs vies, à revenir à cette simplicité et c'est normal, parce que se défaire du personnage, alors là c'est un immense boulot, parce qu’évidemment, on y croit tellement ... Moi je suis le premier a y croire, on est tous pareils, mais qu'est-ce qu'on y croit, on s'inscrit là-dedans, on est né dans cette croyance au personnage, on vit dans la croyance au personnage et puis on meurt dans la croyance au personnage.

Il nous faudra beaucoup, beaucoup de temps, mais grâce au Dharma c'est possible, il nous faudra beaucoup de temps pour prendre conscience, juste prendre conscience, c'est juste dé-ciller les yeux, c'est pas adhérer, ça n'a rien à voir, l'enseignement du Bouddha est incroyablement clair, il ne fait que parler de la réalité finalement.

(20,10) Bon alors, c'est d'ailleurs notre travail d'écoute et de réflexion qui nous en convainc. C'est pas parce que je le dis, ça n'a rien à voir, c'est vraiment à nous de, chaque fois se rendre compte, de la pertinence incroyable de l'enseignement du Bouddha. Mais au bout d'un moment, notre réflexion et nous amène à nous dire, ben oui c'est simple finalement ! Et puis tant mieux, pourquoi faudrait-il que ça soit compliqué ? Il n’y a pas besoin que la libération soit très difficile d'accès.

(...)

(21,30) Il reparle de la méthode pour intégrer la pratique au courant mental, ce qui est très intéressant, c'est vraiment comment faire que, dans tout ce flux et ce flot de phénomène mentaux, c'est ce qu'on appelle le courant mental, cette méthode consiste dit-il, à ne rien faire des pensées qui s’élèvent, encore une fois, mais a les regarder dans leur nudité, c'est-à-dire dans leur simplicité. Sans oublier bien sûr l'observation très scrupuleuse de la loi du karma, c'est-à-dire toute négativité est abandonnée, développer tout acte positif, ça c'est extrêmement important, renoncer fondamentalement à faire du mal à un être, ça fait partie des préceptes, du refuge, si on a pris refuge, on s'engage à cela, c'est assez simple, tout est contenu dans les préceptes, ça c'est notre cadre éthique fondamental.

(22,36) Alors ça nous demande parfois des efforts parce que faut se retenir, il y a plein de choses dont on doit se retenir ...

(...)

(24.10) Voilà il suffit de faire comme il nous dit, intégrer la pratique au courant mental, donc à soi-même, à son flot de l'esprit, c'est simplement ne rien faire des pensées qui s'élèvent, les regarder dans leur nudité pour que, libérées, elles deviennent la voie. Et là c'est une autre instruction incroyable, c'est-à-dire que les pensées du coup deviennent la voie, c'est-à-dire qu'on n'a pas d'autre travail, on pourrait dire à faire, que d'observer notre conscience.

(24,34) C'est pour ça qu'il dit, elles deviennent de la voie, parce qu'il n’y a pas de chemin ailleurs, c'est brillant de sa part de dire les choses ainsi, c'est-à-dire que cette observation des phénomènes mentaux, c'est une extraordinairement bonne nouvelle, il n’y a pas d'autre chose à faire, c'est la voie, elles deviennent la voie. Vous rendez compte de ce que ça veut dire ? Que toute notre pratique de Dharma ne consiste pas à se débarrasser des pensées, c'est difficile de trouver plus clair dans un enseignement, elle ne consiste pas à se débarrasser des pensées, mais à faire que tout mouvement de l'esprit ... et tout mouvement de l'esprit, c'est le mouvement de la conscience, quand les arbres se penchent avec le vent et qu'on entend le bruit du vent dans les branches, c'est un mouvement de l'esprit, c'est pas le mouvement des arbres, il n’y a pas le mouvement des arbres et puis il n’y a pas le mouvement dans la conscience. La conscience, elle bouge avec les arbres, c'est une manière de dire.

(25,50) Disons, tout mouvement, tout ce qui s'élève dans la conscience, toutes les pensées, les cogitations, les angoisses, les désirs, les aversions, les colères, tout cela deviennent la voie, elles deviennent la voie quand on les regarde dans leur nudité, nous dit-il. Alors la plupart du temps, on est dans l'interaction, j'aime pas un son, je me lève, je ferme la fenêtre, voilà où je peste, où je râle, je vois la vaisselle dans le lavabo, je me dis c'est pas possible, faudra leur dire mille fois ... bon, la vie quoi !

(26,30) Et on interagit tout le temps, l'embouteillage, il y a du monde, la queue au supermarché, ça va pas assez vite, on est tous comme ça ! Et là on interagit, on n'est pas en train de regarder dans leur nudité, ça va nous demander énormément de travail, c'est pour ça qu’on médite d'ailleurs, pourquoi on médite, c'est pas parce qu’on adore rester silencieux et calme pendant une demi-heure, ça n'a rien à voir, c'est juste s'entraîner à regarder les pensées dans leur nudité, juste rester, rester pour que les pensées deviennent la voie.

Le Dharma dit la vérité, après, moi peut-être pas, mais le Dharma oui ! Donc allons toujours écouter le Dharma, le Dharma est simple, vraiment ! Donc on reste, on reste, on reste et on s'entraîne dans la pratique méditative, on s'entraîne à ça, on s'entraîne à regarder la nudité des pensées. C'est là où il faut justement rester simple, parce que quand il nous dit de les regarder dans leur nudité, nous on est tordu un peu, par habitude, et on se dit, donc ça doit être quelque chose de spécial. On arrive avec nos complications psychiques. Leur nudité, ça veut dire, telles qu'elles sont, c'est vraiment sans artifice, c'est telles qu'elles sont, c'est-à-dire, ventrues, poilues, pas belles, les seins qui pendent ;-)), n'importe, où la bedaine, nudité, donc sans artifice. Là j'ai une jolie chemise, sans la chemise, c'est pas pareil. Donc nudité, ça veut dire sans artifice, vraiment. Donc c'est pas une chose spéciale, au contraire, ça veut dire sans choses spéciales. C'est juste les phénomènes tels qui sont. Ils sont comment ? Ils sont impermanents, ils sont insaisissables, ils sont apparents tout en étant vacuité, donc tout le temps, ça c'est les fondamentaux qu'on devrait tout le temps se rappeler, tout le temps. c'est de la base, mais tout le temps. Donc quand on médite, on n'est pas en train de construire quelque chose, on s'entraîne à ça.

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