Sages
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Ce qui suit est une transcription partielle de cette vidéo : Titre original : Mercredi 16 mars soirée

Mots clés : Méditation, Liberation, Bouddhisme Tibétain

Transcription[]

(35.35) Alors après, la troisième partie qui conclut un peu ce passage, c’est la possibilité de se libérer. Et là, c’est très joli, parce qu’il nous dit, en fait, dès lors qu’on voit ce mouvement qui surgit, tout simplement, on pourrait dire les stimuli d’une certaine manière, il nous dit ici : le pratiquant ou la pratiquante bien sûr, y posera son attention sans se laisser entraîner, c’est la libération au premier instant.

C’est une libération, pourquoi ? Parce que dès qu’on voit, si on est entraîné, si on a l’habitude de ça, de reconnaître, donc on se laisse pas entraîner dans le récit, pour le comprendre facilement, on n’est plus dans le récit. Du genre, on est en train de méditer, calme mental, et puis tout à coup, on voit une distraction qui se construit. Si on est pris dans la distraction, on est pris dans notre histoire, dans le fil de l’histoire. Si on est juste conscient du surgissement, le surgissement, il surgit, c’est terminé !

Les tibétains utilisent une très belle image, c’est comme un flocon de neige sur une pierre chaude. Un flocon de neige sur une pierre chaude, ça se pose, au moment où ça se pose, ça a déjà disparu. Donc ça veut dire que c’est simultané. La notion de libération simultanée est très importante dans les instructions du Mahamoudra, pourquoi ? parce que ça veut dire, à l’instant du surgissement, c’est comme si hop, on voit le mouvement de la conscience, puis on repère ce mouvement de la conscience, et donc on est libre ! Pourquoi ? Parce qu’on l’a repéré comme mouvement, on le prend pas comme l’élément de l’histoire, on le repère juste, comme une espèce de réflexe, on rentre dans ce réflexe, puis voilà. Si on entre dans le réflexe, on est parti, ça c’est pour le comprendre bien, mais c’est intéressant qu’il nous dise, voilà, il y a un entraînement qui va nous permettre de repérer, donc on a une possibilité de libération, c’est la libération du premier instant.

Et puis même, si on ne se libère pas au premier instant, alors c’est joli, il y a une expression qui dit, dans la langue du dharma, ça veut dire aplanir les bosses et toucher la tête. Alors pour nous bien sûr, ça veut strictement rien dire, mais on peut le comprendre dans le sens, aplanir les bosses et toucher la tête. Aplanir les bosses, ça veut dire, là on fait pas dans le détail, c’est à dire qu’on va direct au but, c’est une expérience pour dire on va direct au but, dans le sens, on se demande pas d’où est venue la pensée, c’est quoi, elle va où, on n’est pas du tout dans le truc, c’est vraiment direct, la pensée elle surgit, hop, on voit tout de suite sa nature.

C’est ce que Lama Teunsang a toujours dit, juste vous observez l’essence des phénomènes, juste vous regardez ça. Donc c’est libérateur, donc le surgissement s’accompagne en simultané de la libération. Mais c’est très intéressant pour nous, parce que ça veut dire qu’on peut se servir de notre confusion, c’est une super bonne nouvelle franchement. Imaginez qu’il faille avoir un état de non pensée pour qu’on puisse se libérer, que le but ce serait plus aucune pensée, puis à partir de là, la libération commence à devenir possible. On peut attendre longtemps ! Les textes nous le disent, si vous attendez qu’il n’y ait plus de pensées, ça va .. ça va pas se passer quoi !

Donc là il y a une grande intelligence du Dharma, encore une fois, et qui est importante pour nous, car c’est nous dire, non, dans le surgissement, si je repère le surgissement, évidemment, le surgissement … pourquoi c’est libérateur, parce que le surgissement des consciences, c’est pas du tout une mauvaise chose, y a rien de mal, les consciences, elles fonctionnent, c’est à dire, voilà, une conscience visuelle, les yeux ils fonctionnent, donc la conscience visuelle se réveille dès lors qu’elle rencontre son objet, la conscience auditive, elle s’active dès lors où elle rencontre un objet, la conscience gustative, pareil !

Donc les consciences sont toujours des surgissements, si elles rencontrent un objet, pouf, elles se mettent en mouvement. C’est très simple, on ferme les yeux, ya pas de conscience visuelle. On ouvre les yeux, ya une conscience visuelle. Donc la conscience visuelle, elle est complètement pure. C’est juste la conscience. Mais dire c’est beau, c’est pas beau, ça c’est pas la conscience visuelle, ça c’est un aspect beaucoup plus mental. C’est pas la conscience visuelle.

Donc ça veut dire que chaque fois que la conscience, les consciences, elles se manifestent, si je les vois juste comme phénomène de conscience, je suis pas du tout embarqué dans le discours que je fais à partir de ce que je perçois, donc les sons sont ni beaux ni pas beaux, les formes sont ni belles ni pas belles, etc. Donc il y a une possibilité libération au premier instant, direct !

Et ensuite il y a encore une possibilité de libération, dès l’émergence de la 6ème conscience et du mental affligé. Ca veut dire, des le moment ou on est parti dans le discours, l’attention les reconnaît, et du coup ils se libèrent d’eux-même. C’est la libération au deuxième et au troisième un instant. Alors au-delà de premier, deuxième, troisième, on retiendra pas, mais ça nous indique une chose importante pour nous, c’est la possibilité de libération dans le mouvement, voilà !

Donc ça c’était le rappel de ces trois points, il y a trois strophes qui montrent le fonctionnement circulaire, les consciences ou plutôt les actes totalement vertueux qui ont un pouvoir libérateur, on pourrait dire vertueux purs et puis ensuite les possibilités de libération, à travers notre confusion.

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