Sages
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Ce qui suit est une transcription partielle de la vidéo : Mercredi matin, calme mental, le 6.10.21

Mots clés : Ignorance, Kleshas


Transcription[]

(Min 9,13) On se rend compte, au fur et à mesure du chemin, que ça va être la chose la plus délicate, la plus subtile à développer, c'est l'intention. Du point de vue bouddhiste, on verra les choses en disant, il nous faut sans cesse revenir à l'intention, il n'y aura que l'intention qui va être importante, grâce à elle parce que justement, elle fait partie de ce contexte et que quand tout est là, tout peut se manifester.

Donc l'intention, c'est par exemple vouloir mettre fin à l'ignorance, mais pour ça, vu que c’est à la racine de toutes les Kleshas, c'est-à-dire de toutes les attitudes mentales qui vont nous faire souffrir, c'est ce qu'on appelle les émotions perturbatrices, on ne ressent pas beaucoup l'ignorance, mais par contre, elle est à la racine de toutes ces Kleshas. Donc les Kleshas, les attitudes qui vont nous faire souffrir, nous même ou et les autres d'ailleurs.

L'ignorance est à la racine de ça, donc par exemple, si on en revient à cette intention fondamentale du Bouddha, c'est clairement identifier l'ignorance pour pouvoir ensuite la déraciner. Eh bien justement, si c’est ça l'intention, c'est pas si simple de pouvoir développer cette intention. L'idée oui, mais l'intention, ça veut dire que nous sommes parfaitement clairs sur ce que veut dire l'ignorance, sur pourquoi on a besoin de s'en défaire, etc. Donc ça suppose aussi qu'il faut repérer l'ignorance en soi, dans ses manières de faire, dans sa manière de penser, etc.

Pourquoi repérer ? Parce que si on repère, on se rend compte du pouvoir néfaste d'une chose, si on ne repère pas quelque chose qui est de l'ordre des Kleshas, de ces attitudes mentales qui nous font souffrir, si on ne les repère pas, on repère pas non plus leur impact en nous. Si on repère par contre cet impact néfaste que cela peut avoir sur soi, eh bien on peut vraiment développer cette intention, là tout à coup ça devient fort/ L'idée de se libérer de la souffrance par exemple, Dukkha qui est un grand mot valise, il y a beaucoup de choses dedans, on pourrait dire le mal-être, on peut dire plein de choses, mais quoi qu'il en soit, de cette imperfection latente qu'on peut sentir, sur laquelle on butte, si on a vraiment repéré ça, ça veut dire que notre intention est claire, elle est ferme, ça suppose aussi que ce que l'on va mettre en place, très clairement ce sera orienté vers la fin de cet état, défectueux.

Donc c'est pour ça que cultiver cette intention, c'est un travail jamais terminé, parce qu’on n'a jamais terminé de repérer complètement cette ignorance, d'en voir toutes les facettes, et on n'a jamais terminé aussi, de voir à quel point ses ramifications sont profondes et à quel point ça peut vraiment nous amener à des souffrances, qu'elles soient grossières ou subtiles.

Si on en était complètement convaincu, on se libérerait très facilement du cycle de l'existence, c'est cela qui est posé dans la tradition bouddhiste. Si vraiment les choses sont simples, les choses sont claires en nous, il n'y a aucun besoin d'effort, c'est pour ça que c'est intéressant, l'essence du courage, de la force, de la diligence, l'essence de ça, c'est la joie ! C'est clairement dit dans les textes. C'est la joie parce que nous sommes absolument convaincu du bien-fondé de ce que l'on va faire, donc c'est l'enthousiasme et donc le courage ou cette énergie, repose uniquement sur la compréhension et donc du coup, sur la joie, c'est-à-dire on a plaisir à faire ce que l'on fait et donc on le fait avec énergie et engagement.

C'est intéressant de voir que les textes définissent ça comme ça. Ça veut dire que toute la pratique du Dharma, eh bien elle devient extrêmement simple si l'on a cette joie en nous de l'accomplir. Et donc avoir cette joie en nous de l'accomplir, ça veut dire être heureux de pouvoir se libérer de la souffrance, par exemple. Donc on comprend tout le travail qu'il y a sur l'intention, c'est un travail extrêmement important, parce que quelle joie nous avons alors, quand on en a vraiment compris la raison, quelle joie nous avons alors de pouvoir effectivement nous libérer de ça, donc de l'origine de toute la souffrance, de l'origine du cycle des existences, du Samsara, rien de moins. Donc on voit très bien que là, cette compréhension est l'alliée de la joie, ou plutôt la joie découle de cette compréhension, parce que la joie, parce que l'enthousiasme, nous sommes certains de pouvoir y parvenir, nous sommes certains qu'il y a du sens à ce que nous faisons. (...)


(Min 38) Donc voilà je vous ai parlé de cette intention, mais l'intention est à mettre en rapport avec les Kleshas et les Kleshas à mettre en rapport avec Shiné. C'est un peu comme s'il fallait refaire le chemin logique tout le temps on nous-mêmes, c'est-à-dire l'intention, oui, quoi ? Le Bouddha, il se libère de l'ignorance, donc du cycle des existences, oui le Samsara, d'accord, c'est quoi le rapport avec l'ignorance ? Parce que l'ignorance est à la racine du cycle des existences, mais l'ignorance, c'est quoi ? L'ignorance finalement, c'est ce qui permet le développement en moi de toutes les Kleshas, ces attitudes qui vont me faire souffrir, qui vont faire souffrir autrui, qui vont distordre la réalité, c'est clairement une distorsion de la réalité, c'est voir des ennemis là où il y en a pas.

C'est grave les Kleshas, ça nous fait faire des choses horribles, ça prend des formes extraordinairement destructrices, comme on a pu les voir dans tous les grands massacres du 20e siècle. Ça s'explique par des raisons historiques, sociales, ça s'explique aussi par des raisons spirituelles, qui sont directement liés à des distorsions,

Donc le rapport logique il est là. L'intention, c'est de se libérer de la racine du cycle des existences et cette racine, c'est l'ignorance, et l'ignorance donne lieu à toutes ces Kleshas.

Donc tout ce travail de Shiné, c'est la pacification, donc c'est là où on voit que la pacification du point de vue bouddhiste, c'est pas simplement rester tranquille quoi, ça n'a évidemment rien à voir. C'est beaucoup plus que ça, c'est vraiment un moyen de mettre, ou de déraciner fondamentalement le pouvoir de l'ignorance en nous-mêmes.

C'est une manière d'y voir clair, on pourrait dire, parce que la pacification c'est pas simplement ne plus avoir de phénomènes mentaux, ça n'a rien à voir, mais c'est pacifier les Kleshas, c'est pas pacifier dans le sens d'éradiquer les pensées, c'est pacifier ce qui en nous provoque ou est à l'origine de toute souffrance, pour nous-même et pour autrui. C'est pacifier en nous tout ce qui est à l'origine du cycle des existences, c'est-à-dire de cet enfermement circulaire dans des attitudes répétitives, le Samsara. Le Samsara c'est un mot exotique pour nous, mais ça veut dire enfermement circulaire et répétitif de nos conditionnements. C'est ce qui tourne avec au centre du moyeu les trois poisons, donc l'ignorance, l'attachement, l'aversion, ou le désir attachement et la haine et aversion.

Références[]

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