Sages
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LA SAISIE ÉGOCENTRIQUE ET L’AVEUGLEMENT




Si on considère les souffrances rencontrées par les humains, quelles sont leur origine ? II s’agit du Karma accumulé antérieurement. Si ce Karma négatif a été accumulé, c’est parce que notre esprit était sous l’emprise de perturbations mentales comme l’attachement, la jalousie, l’orgueil, etc. Or, ces perturbations proviennent de ce que l’on appelle « la saisie d’un moi » (ou saisie égocentrique)

« La saisie d’un moi » , c’est croire qu’un « moi » existe vraiment là où en réalité il n’y en a pas. Cette croyance nous entraîne à accorder une place toute particulière à ce « moi ». Ainsi, par exemple, lorsque nous pensons à nous-mêmes, nous ne nous voyons pas de défaut. Nous nous attribuons beaucoup de qualités, mais avons du mal à voir ces qualités chez les autres. Tout ceci est ce qu’on appelle « la saisie du moi» ou la croyance erronée en un « moi ». Cela produit un conditionnement mental source de perturbations qui elles-mêmes nous conditionnent à agir de façon négative. Par exemple, pour notre propre bien ou pour nous éviter une souffrance, nous allons nuire à quelqu’un d’autre…

Quand, dans le cadre du bouddhisme, on parle de « l’ignorance fondamentale » , on se réfère au fait qu’il y a ignorance de ce qu’est vraiment notre esprit. C’est quelque chose que nous ne comprenons pas. Cette ignorance produit la création du « moi ». Ce « moi » produit des perturbations mentales, qui produisent le karma négatif, lequel conduit à la souffrance. Tout cet enchaînement vient d’une ignorance fondamen­tale, d’un aveuglement par rapport à ce que nous sommes et à ce qu’est véritablement notre esprit.


LE BONHEUR ET LA COMPASSION

L’idée de chaque être est d’être heureux, d’atteindre le bonheur. Personne ne refuserait le bonheur. De même, tout le monde souhaite éviter la souffrance. Par conséquent, il faut comprendre que c’est non seulement notre fonctionnement individuel, mais aussi celui de tous les autres êtres. Ce que nous ressentons est aussi ce que ressent chacun. À partir de [à, nous pouvons traiter les autres de la même manière que nous souhaiterions être traités. Ce sera bon pour les autres mais aussi pour nous-mêmes, car cela nous placera dans une situation de paix et de bonheur. Dans la perspective bouddhiste, on considère que cette manière de penser aux autres s’applique, non seulement aux humains, mais aussi aux autres êtres : les animaux, les micro-organismes que nous ne pouvons pas voir, et toutes sortes d’êtres invisibles pour nous, mais qui peuplent les univers.

Il est important pour nous de développer un mode de pensée qui souhaite aider tous les êtres quels qu’ils soient. A présent, les êtres humains cherchent à être heureux tout simplement mais ils ne comprennent pas le mécanisme du bonheur. Ils pensent à tort qu’en étant égoïstes, ils pourront préserver leur bonheur. Au contraire, dans la pensée bouddhiste, on considère que c’est en cessant de penser à soi et en pensant au bonheur de tous les êtres que l’on va soi-même trouver le bonheur et la paix. Et pour atteindre ce but, il faut changer notre façon de penser.

@ eveiletmoi.fr – Bokar Rimpoché, Enseignements a Bodh Gaya

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